texte accueil

Naviguer ou rechercher : utilisez les onglets et les liens qu'ils vous proposent; utiliser aussi "Rechercher dans ce blog" en demandant un ou des mots entiers, séparés par une virgule.

Les adhérents inscrits reçoivent les nouveaux articles par mail: ils peuvent y écrire un commentaire; ils peuvent aussi proposer des articles, faire des rectificatifs etc… par l'intermédiaire de notre adresse mail: skispatrimoine@gmail.com

Les skis ALUFLEX et dérivés

---------
Pourquoi cet article détaillé sur des skis qui n’ont jamais brillé en compétition et qui, pourtant, sont devenus célèbres dans les années 50/60 ?  Parce que…
…ils ont été les 1ers skis métalliques européens d’après-guerre.
…ils ont eu un bon succès commercial, y compris en Amérique du Nord.
…ils ont été très utilisés dans les troupes alpines françaises.

Nous parlerons DES Aluflex, car il s’agit en réalité d’une famille de skis identifiables au premier coup d’œil par leur dessus bombé caractéristique en forme de ‘U’ renversé donnant un profil dit ‘en omega’ (Ω). Leur histoire est plutôt compliquée et leur commercialisation a duré une vingtaine d’années (1953-1974) avec des noms variables et des évolutions techniques constantes. Nous pouvons donc parler du début de la “filière oméga“: elle-ci est traitée dans son ensemble dans l'article dont le lien figure à la fin de document).

Nous allons essayer de simplifier et d’y voir plus clair malgré les zones d’ombre qui vont persister !

Rappel historique 

L’Aluflex fait donc partie de la 'filière Omega’ et c’est un ‘TEY - ALU 60’ américain dont le brevet a été repris par Attenhoffer (voir les articles dédiés,  lien en fin d’article)





Qu’ont-ils apporté ?

- la fiabilité :

Les skis bois étaient fragiles ; le caisson formé par le raidisseur Ω et la semelle alu collée, a apporté une association résistance/souplesse inédite. 

- la facilité :

Leur grande souplesse homogène associée à la minceur des chants, facilitait grandement les virages dans les neiges non damées ; en pratique, plus la neige était ‘mauvaise’, plus ce ski était à son avantage.

- la constante de fabrication :

C’était de la tôlerie industrielle sans les aléas rencontrés sur les skis bois qui étaient de l’ébénisterie avec, souvent, des dispersions des caractéristiques d’un ski à l’autre.

- mais aussi des points négatifs !

- Tâtonnements techniques des débuts de fabrication.
- Rigidité en torsion insuffisante pour une bonne tenue sur les neiges dures.
- Bruit désagréable sur les neiges dures.
- Poids et prix élevés, équivalent à ceux des skis en hickory massif (mais longévité bien meilleure).

Nous avons vu dans le § Alu60, les rôles de Tangvald et de Gagarin. En France, nous avons seulement quatre personnes qui ont ± participé au développement des Aluflex.

• Charles DIEUPART (F)   

Il était fabricant de canoës et de matériels de plein-air, y compris des skis bois pour Attenhofer.

C’est lui qui en a industrialisé la fabrication en inventant les machines ad-hoc : par exemple une presse à emboutissage et pliage pour arriver au profil ‘Ω’ du raidisseur.

Il est vraiment “Monsieur Aluflex“ modèle qu’il a industrialisé puis supporté avec opiniâtreté pendant deux décennies. En 1988, il a même induit une réintroduction (« Les Shapers Alpins ) ; il n’a pas pu en voir la concrétisation en 2000 du fait de son décès.

• Adolf ATTENHOFER (CH)  

Depuis 1947, il sous-traitait la production de skis bois à l’usine BOMS (directeur Dieupart). En 1948, il avait acquis la licence de l’anglais ‘GOMME’ et lancé une fabrication (mais nous ne savons pas si elle était fabriquée chez Dieupart ou ailleurs).

 C’est lui qui a acheté le brevet Alu60 à Gagarin ; ensuite, il aurait apparemment cédé usine et licence à Dieupart en 1954.

• James COUTTET (F) 

Compétiteur de renom, entraîneur de l’Équipe de France. A été le conseiller technique de Dieupart et a donné son nom aux dernières séries d’Aluflex. 

• Jean MATTER (F) 

Président du consortium “L’Aluminium Français“ (AF) et président de la Fédération française de Ski (et aussi du CAF).

L’AF incluait la firme Cegedur (invention du Zicral ?) ;  elle a beaucoup participé à la promotion des skis alu français (Vicki avant-guerre, Aluflex ensuite).

Les dates exactes n’ont pas pu être très précisément définies et il en sera donc de même pour la datation des diverses évolutions des skis. 

Tout est compliqué car ‘fabrication’ et ‘distribution’ ne sont pas toujours bien documentées et/ou associées d’autant plus que, l’une comme l’autre, ont été très variées pendant la vingtaine d’année de présence des Aluflex sur le marché.

Dates marquantes 

-1950 (ou 51 ?) : acquisition du brevet Alu 60/Gagarin par Attenhofer.
-1952 : pré-série chez BOMS - Première apparition du nom “ALUFLEX“.
-1953 : lancement de la série chez BOMS sous licence Attenhofer. 
-1954 : idem mais reprise par Dieupart seul. Atttenhofer semble garder le nom et la distribution (du moins, pendant quelque temps…). C’est cette année qui est souvent citée (à tort donc) comme le début de l’Aluflex. 
-1974 : fin de l’histoire avec arrêt de l’usine SIDAS (faillite en 1975).

Usines utilisées 

B.O.M.S. (Manufacture d’Articles de Sport) St Denis (Seine) 1952à1958. Cette usine appartenait à Dieupart et sous-traitait pour A.K.A (Allais-Kandahar-Attenhofer ) depuis 1947. En 1953, elle a produit 800 paires d’Aluflex et en 1954, 50 paires/j (on peut donc extrapoler à ± 1300p dans l’année).
M.I.R.A. (Manufacture Industrielle de Ressorts Automobile) Nanterre (Seine) 1958 à 1962. Contrat de 40.000 paires réalisé à moitié (donc 5.000 p/an).
L.P.S. (Les Plastique Synthétiques – Ressorts du Nord) Sallanches – 1962 à 1967 (rachat par Rossignol). Achève les 20.000 paires restantes. De 1965 à 67, Dieupart était seulement distributeur. LPS était alors le plus gros producteur français de skis.
GERMAIN-LEJOUR – Corbelin/Mondoubleau (Loir et Cher) - 1962 à 1965 - locaux loués par Dieupart : il y recrée ses machines pour fabriquer des Aluflex et des Starflex. 
SIDAS (Sallanches) Créée par Dieupart 1967 à 1974. Arrêt du nom ‘Aluflex’, ne fabrique que des ‘Couttet’ et avec d’autres variantes.

Pour compliquer encore, il faut savoir que Dieupart, pourtant évincé de LPS, avait été chargé de distribuer le Starflex que fabriquait cette firme. Mais en même temps, il faisait aussi fabriquer des Starflex (pour LPS) et l’Aluflex (pour lui) à Corbelin ; les Starflex avaient des carres rivetées et les Aluflex avaient des carres cachées.

Nous ne savons pas quand Attenhofer a abandonné l’Aluflex : probablement vers 1956 car c’est la date des dernières pubs US que nous ayons trouvées ; et, auparavant, il avait lancé ses ‘A15’ (sous licence Head).

Les caractéristiques générales 

• Structure

Par rapport à l’Alu 60, on notera des améliorations importantes :
- Utilisation du Zicral (alu+zinc) plus résistant et élastique que le Duralumin.
- Sécurisation du collage par rivetage de la pointe de la spatule (comme Head).
- Utilisation de bois à l’intérieur de l’Ω ; cet ajout n’est jamais évoqué dans les brevets ou articles: pourtant ça a eu certainement un rôle capital d’amortisseur.

• Largeur :

Les Aluflex sont caractérisés par des largeurs au patin inhabituelles pour l’époque.
Nous avons relevé cela surtout sur les Aluflex des années 50 : tous font 77 à 78mm.
Sur les modèles ultérieurs (Couttet, Armée etc…) nous avons 70 à 72 mm qui est le maximum vu sur les autres skis de l’époque.
Cette forte largeur associée à l’absence de chants et à la grande souplesse, explique leur excellente adaptation aux neiges profondes !
Les modèles Ω nordiques, plus tardifs, ont eux de 64 à 55mm au patin.

• Poids :

L’alu n’apportait aucun avantage de ce côté car l’Aluflex était plus lourd que la plupart des autres skis : par exemple l’Aluflex Armée (180cm) pèse, nu, 4,30kg/paire (un Head Standard 185 : 3,9kg, un Rossignol bois Derby 185 : 4kg/p).

Les Couttet des années 70, pourtant plus étroits, étaient aussi lourds : par exemple pour des 205, un ‘Diamant’ (72mm au patin) pesait 5kg/p soit le même poids qu’un ‘Pierre Allain’ de 1956 qui, lui, avait 78mm au patin.

Évolution de la structure Ω 

1937 : proto TOURNON

C’est la 1ère apparition du profil ‘omega’. Pas de brevet trouvé : la filiation avec ce profil dans l’après-guerre est évidente, mais jamais citée dans nos sources !
Ω double couche (=2 plis) et semelle en alu, rivetées – pas de carres.

1950 : TEY Alu 60

Ω en 1 ou 2 plis collées à la colle aviation ’Redux’– pas de carres.


1952 : Aluflex présérie

Idem Alu 60 : mais nouvel alliage (Zicral) - Semelle plastique mince – Rainure profonde – Carres apparentes collées – Ω double pli.
Pré-série de 200 paires.

1953 : le 1er Aluflex de série

Idem 1952 + apparition du bois dans la structure (2 baguettes latérales). Débuts difficiles de la fabrication en série avec problèmes des carres (voir plus loin).


1954 : Attenhofer Metallic

Idem 1953 + carres rivetés – remplissage bois – semelle épaisse seulement rainurée (absence de rainure centrale).
Ce rivetage des carres était donc aussi celui de la structure Ω  ce qui fiabilisait son collage !


1960 : Aluflex

Idem 1955 :  sauf Ω simple pli aux angles plus arrondis+ rainure profonde - semelle mince collée – carres rivetées.
Sur un ski perso (scié) et de la même époque (photo) nous voyons un large noyau bois fait de 4 baguettes collées.

1967: Couttet Diamant

Idem 1962 : on retrouve 2 baguettes bois séparées – Carres cachées collées – Semelle PE.



1969 : Couttet Diamant

Idem + support métallique interne pour fixations.





1971 : Couttet

Idem sauf remplissage interne en PU. À la même époque est apparue une tentative de surmoulage plastique de tout le ski (voir § Diamant S).

 

Évolution des supports de fixation 

La forme bombée du ski a posé problème pour y adapter les fixations : il fallait un support intermédiaire, support qui n’a plus été nécessaire quand les butées et talonnières étroites se sont généralisées tout à la fin des années 60.

Ce support doit avoir une petite possibilité de jeu afin de ne pas trop rigidifier le ski au centre : c’est pourquoi, il y a toujours au moins 2 plaques avec, en-dessous, un remplissage semi-souple (caoutchouc ou plastique).


• Premier modèle 

Notre pub EDCÉ de 1953 montre un Aluflex (prototype de 1952 ?) avec un support en 3 parties bien distinctes.

• Modèle Attenhofer

Ce support était prévu dans le brevet Gagarin : deux versions, mais c’est la [2] qui a été utilisé pour le ski français. 

En l’absence d’image, nous reproduisons la description de l’article de “Sports & Camping“ de 1953 pour l’Aluflex-Attenhofer : « L'étrier se pose sur une plaque métallique rapportée, fixée sur le ski par deux vis à métaux … Des perçages standards sont prévus pour la Lama licence Attenhofer et pour la Ramy 60. Pour les autres fixations les plaques sont livrées non percées… »



 

On trouve 2 capots et un cache AR : ça pourrait sans doute correspondre aux 3 parties (n°s100, 96 et 101) du brevet ‘Alu 60’ ?



• Modèle standard 1 (4 parties)

Presque identique au modèle Attenhofer ; mais les 2 capots sont identiques et il y a un cache profilé à chaque extrémité.



On le retrouve fréquemment jusqu’à la fin des années 50.



• Modèle standard 2


2 capots seulement. Celui de l’AR permet une grande amplitude pour le passage du câble. 
C’est le modèle le plus courant. 


• Modèles en plastique

Utilisé sur les ‘Couttet’ à partir de 1965 : moulage en forme en nylon ‘Delrin’ (d’abord noir puis blanc plus tard).
 

• Modèle ‘nordique’

L’étroitesse des skis nordiques a nécessité un adaptateur pour les fixations de 75mm de large, seule monte possible de l’époque.

Exemple ci-contre sur un Ω nordique de 54mm de large : l’étrier est riveté sur une plaque en ‘‘, vissée sur le ski. Le crochet avant est spécial sur une mini-plaque, vissée aussi.


• Fixation directe (sans plaque)

Elle n’a été possible qu’avec des talonnières étroites genre Tyrolia ou Salomon qui sont apparues à la fin des années 60.

 

Évolution des semelles 

• 1953…56 ou 57 : la période initiale (2 types).

[1] Semelle TEMPORIT : en 1946, Attenhofer brevetait cette semelle pour ses skis bois : toile imprégnée de résine, collée puis laquée ; elle a été utilisée ensuite sur des Aluflex Attenhofer. Elle avait la caractéristique de ne pouvoir se coller que sur une semelle sans profonde rainure, d’où la présence de petites rainures pour garder un certain pouvoir directionnel.

Elle semble avoir été ‘de série’ sur les modèles exportés aux USA.


[
2] Semelle LAPOFART: c’était un ruban noir de 0,5mm d’épaisseur, collé à chaud et facilement remplaçable. 
Il était fabriqué par 3M sous le nom de ‘Electricol Tape’ (sans doute dérivé du TEY-Tape de 1948 ?).

Le Lapofart n’a été utilisé qu’à partir de 1954, et semble être resté jusqu’au début des années 60 ; mais au début le client avait le choix entre Lapofart et Temporit.
À noter que le Lapofart a été utilisé aussi en décor sur certains Aluflex.

• 1963 et après : la période PE (polyéthylène)

Ça a été un gros progrès ; il y a eu plusieurs noms commerciaux utilisés pour les Couttet : on trouve par exemple : Naltène en 63 et P-Tex en 67.
La semelle emboutie à grosse rainure, devient fraisée avec donc une rainure peu profonde.

Évolution  des carres 

L’Alu 60 n’avait pas de carres et leur adaptation en France a été difficile et ‘tâtonnante’. 

• Fausses carres (=absence de carres)

La semelle rapportée laisse l’alu visible latéralement et donne donc un aspect de carres alu !!

Exemple sur un Aluflex Junior de 65/66 =>

Vu sur des modèles bon marché et/ou anciens, souvent avec des dénominations commerciales trompeuses. 
Exemples : « …carres incorporées » pour la pub de l’Aluflex-Satellite de1960.
             « …carres Zicral » pour la pub de l’Aluflex-Cadet de 1967.

• Carres collées :

Deux périodes espacées d’une dizaine d’années :
[1] 1952 et 1953 : essais avec la colle Redux. Mauvais résultats et abandon rapide. 
[2] Après 1961 : carres cachées, collées à l’Araldite en même temps que la semelle.

• Carres rivetées :

Solution généralisée entre 1954 et 62. Les rivets sont en inox.
Après 62, les carres apparentes rivetées ont persisté ub peu pour les ‘bas de gamme’. 

• Problèmes posés par les carres :

Nous avons 3 exemples qui illustrent bien les recherches et tâtonnements faits pour fixer des carres acier sur de l’alu.

- Carres réparées :

Les 2 Starflex de notre collection ont été réparées par des ‘vis-boulon’ et montrent des signes d’arrachement en spatule. =>

On aura aussi remarqué aussi la carre gauche sur la photo de la semelle Temporit vue précédemment.

- Carres vissées :

Nous avons dans notre collection un Aluflex-Attenhofer dont les carres sont vissées par plusieurs centaines de petites vis. C’est le seul exemple que nous connaissions. 

Ça doit être un proto ou une pré-série car on devine le coût de fabrication si ça avait été généralisé !  

- Carres ‘projetées’ :

Charles Dieupart avait envisagé d’utiliser une projection d’acier fondu sur les bords de la semelle alu : en 1958, il en avait pris le brevet (n°107145) qui ne semble donc pas avoir été utilisé (du moins en série).

Nous noterons qu’en 1909, la société suisse Schoop avait pris un brevet de métallisation par projection de métal fondu, essayé en 1916 comme revêtement de semelle de skis avec du cuivre et de l’alu.

 

‘Notre’ famille Ω a été commercialisée pendant 21 ans (1953-1974) ; ça a été assez chaotique du fait des nombreux changements de distributeurs, qui étaient eux-mêmes souvent ‘désynchronisés’ des usines de production. Nos sources ne permettent pas des datations précises mais seulement un ordre chronologique

Distributeurs français:
EDCÉ - Paris (1953)
ATTENHOFER ?? non documenté 
PIERRE ALLAIN Paris (1954 à 58) : une série d’Aluflex était sériée à son nom
SUFICA S.A. Paris (1960… ?) : une pub présente des skis avec les étoiles suisses mais des tarifs en francs français !
DYNASTAR -Sallanches (?) : pour des Starflex et des Couttet
SIDAS – Bry sur Marne (?) : pour les Couttet
DIEUPART S.A. -Sallanches (… 1974) : pour les Couttet aussi puis d’autres (Strada, Montana etc…)
Distributeurs étrangers:
Attenhofer Suisse ? 
JOHNY SEESAW’S – Peru – Vermont (USA) - Importation par Gagarin
GRESVIG ltd - Canada
HÜRLIMANN & CO – Wädenswil (CH)
HANNS BALZER - Lauterbach – Hessen (D)
 

Au cours de ses 20 années de présence, l’Aluflex a été vendu sous de nombreuses marques et modèles dont nous ne présentons que quelques exemples documentés :

ATTENHOFER

Caractérisés par leur logo en ‘A’ ailé.

• Metallic :

Il s’agit ici certainement d’un tout 1er modèle : il était exporté sans la fixation (une Hvam était posée à l’arrivée). Le nom ‘Aluflex’ n’apparaît pas du tout, ni sur le ski ni dans la pub. 


Aluflex-Attenhofer:

Nous avons un modèle autochtone à revêtement noir, ainsi 'badgé'  =>


ALUFLEX

- Aluflex ’standards’

Ci-dessous, la 1ère image d’Aluflex trouvée (pub ESCÉ de 1953)
La plupart ne sont pas badgés avec souvent, seulement ’Aluflex’ inscrit.  Vu aussi en alu brut, en rouge/noir, en bleu/noir etc…

Exemple avec une pub suisse (les étoiles sont caractéristiques des modèles suisses) =>

Les modèles ‘haut de gamme’ sont souvent estampillés “James Couttet“.

-Aluflex-France

Caractérisés par leur logo “AV“ que nous avons sur des pub USA ou sur de rares autochtones comme ci-dessous.





- Aluflex Armée

C’est le plus connu de la série. 4000 paires ont été produites toutes en 180cm

C’est un ‘standard’ à carres cachées, revêtement adhésif blanc et lugeons pour peluches du système Trima 1900.

STARFLEX

Clone au début des années 60, mais construction probablement ‘simplifiée’ !

Existaient en décor bleu ou en noir.

DYNASTAR


Au tout début des années 60, les Aluflex perdent leur nom ; celui de Couttet est toujours associé.

Modèles montrés en blanc ou en bleu.



COUTTET

Vers 1963/64, ‘James Couttet’ devient un nom de marque dont le ‘Diamant’ est le modèle phare. 
Des nouvelles versions presque chaque année : on voit alors apparaître dans la gamme des variantes nordiques étroites et des déclinaisons ‘rando’.  Exemples :

- Couttet 63, 64, Diamant, Princess etc… :

- Couttet Diamant S :

1969 – modèle tout à fait spécial et rare : le dessus du ski est recouvert d’un capot nylon (Delrin) jouant le rôle d’amortisseur.

À signaler, qu’en 1960, C.Dieupart avait pris un brevet d’un Ω alu noyé dans du plastique. (FR1282053). Il s’agit peut-être ici d’une tentative partielle (et sans suite) de mise en application de ce brevet ??

- Couttet Impex : 

Fin des années 60 - Ski de rando nordique. Largeur 64mm. Fixation N75.


- Diamant Shah :

Début des années 70 - Pour la rando alpine. Couleur orange fluo. Lugeons pour peaux Trima – Fixation Silvretta.  
Une des dernières fabrications chez Sidas. C’était la version ‘armée’ mais colorée !

Aucune donnée autre que cette image sur internet. Peut-être pour la firme suisse du même nom ?

Début années 70 – rando nordique – étroit (55mm) – pas de carres – fix. Rottefella spéciale - peluches incorporées collées.


Les Aluflex aux USA

Il s’agit des Aluflex importés en Amérique du Nord pour Johny Seesaw’s. Pas de date indiquée, seulement qu’ils avaient une semelle ‘Tey-Tape’ et une fixation ‘Hvam’. Pas de date disponible.

Nous remarquons 3 modèles différents :
(1) : modèle court sans fixation
(2) : modèle moyen avec support 3 parties Attenhofer et fix. de sécurité US ‘Hvam’
(3) : modèle long et nu avec support standard 2+2 parties


 

Catalogue professionnel SUFICA de 1960

Transcription du texte :

« 1) RACING JAMES COUTTET : Ski de compétition étudié par James Couttet pour la vitesse. Tourne plus facilement sur toute neige (même difficile) que n'importe quel ski bois de même catégorie tout en accrochant aussi bien sur la dure en schuss et mieux en virages.
• A déconseiller aux skieurs moyens qui préféreront le Super. 198 à 220 cm.

2) SUPER : Nouveau ski sensationnel en neiges difficiles. Ses nouvelles améliorations techniques éprouvées lui assurent une tenue parfaite sur la neige dure. Très supérieure à tout ski bois de même catégorie. II convient à 95 % de skieurs. 183 à 220 cm

3) SATELLITE : Ski spécial sans carres acier, donc encore plus léger et moins coûteux. Convient aux débutants usant peu leurs skis. Aux excursions en Haute-Montagne et neige vierge. 168 à 213 cm

4) PLUME : Ski léger et d'une facilité d'évolution extraordinaire.
Le ski rêvé pour les femmes.
• Pour tous skieurs de haute montagne (intéressant par son faible poids et sa maniabilité exceptionnelle en neiges difficiles) .  168 à 205 cm.
Ne convient pas : aux skieurs lourds et brutaux. Aux skieurs pratiquant la vitesse. »

Accessoires : 

 

Commentaires :

- Le ‘Satellite’ (3) et sûrement aussi le ‘Plume’ (4) n’ont pas de carres : c’est le bord de la semelle qui en fait office.
- La liste des accessoires pour réparations, paraît confirmer la fragilité des carres, des semelles  et du décor supérieur. 
En effet, celui-ci se décollait ou se déchirait souvent, et, au vieillissement, ces premiers Aluflex faisaient piètre figure vis à vis de leur concurrent de l’époque, le Head qui, en 1951, avait lancé la mode des skis totalement noirs: mais son décor était obtenu par anodisation directe de l’alu ce qui lui donnait une finition aussi superbe que durable.
 
Quand on parle d’Aluflex aux ‘anciens’, on obtient en général un avis aussi mauvais que péremptoire. Pourtant, il a été apprécié (et très bien vendu) en France et encore plus en Amérique du Nord (USA et Canada). Alors, comment comprendre ce dénigrement systématique ?
- par l’absence de résultats en compétition 
- par la mauvaise réputation due aux premières versions mal amorties qui vibraient beaucoup et dont l’aspect vieillissaient mal.
- par le ‘snobisme’ car ils étaient classés ‘ski de débutants’ et ‘skis de collectivités’

En résumé, ils n’était pas très adaptés à la piste : hors-piste et ‘rando’ l’auraient été, mais, à l’époque, ce n’était pas du tout à la mode et seules les troupes alpines l’utilisaient dans ce domaine ; or, leurs mauvaises chaussures les empêchaient d’apprécier les descentes d’où le dénigrement systématique obtenu.

------

Vous avez surement remarqué le flou évident qui règne sur les modèles Attenhofer et qui entraîne des questions restées sans réponses pour l’instant ; par exemple…
… étaient-ils destinés uniquement à l’export ?
… jusque quand ont-ils été fabriqués par Dieupart ?
… ont-ils été les seuls à utiliser la semelle Temporit ?

Documents : 
‘Revue de l’aluminium’ – IHA -1952 & 1960 
Pub ESCÉ - 1953
Article Sport & Camping (1953 – 1954 - 1956)
Pubs Attenhofer. 1954 – 1956 – 1957
Catalogue Dynastar - 1965
‘Le Ski’ - 1967
‘Science et Vie’ - 1969
Tarifs et pubs Couttet – 1964 - 1970 – 1971 – 1972
‘Une histoire de skis’ – Conchoy - 2015
Collections : Dayot – ‘Déplacer les Montagnes’ – Liprandi – Musée des Troupes de Montagne – Richardin – Swygedauw. 
----
Remerciements à Françis Dieupart  qui m’a reçu, fourni moultes précisions et prêté sa documentation.

C.Richardin

 TEY Alu60 =>

 Filière OMEGA =>